Il est bien loin le temps où faire fortune sur Internet était facile, rapide et pas cher (en apparence). Oui oui, cette époque a existé et n’est pas si lointaine que cela. Une bonne idée, un peu de dev, beaucoup de com’ et le tour était joué. Les start up à succès étaient légion, les nouveaux concepts cartonnaient, le champagne coulait à flots.

Bref, les médias et l’apparence générale (encore elle), laissaient croire à tout un chacun qu’avec quelques milliers d’euros en poche on pouvait facilement se lancer dans la vente en ligne. Ah oui j’oubliais, cette facilité d’accès était même réservée aux non initiés du web et du commerce ! Tant qu’à faire… autant ratisser large. Mais la réalité des années 2000 était plutôt morose : les eve.com (produits de beauté), boo.com, freesbee.com (FAI), ibazar.fr, caramail.fr, Clust (achat groupé), Musicapolis, unhomme.com, Musibox, Toysmart.com, Beenz.com (monnaie virtuelle) … ont tous disparu dans les abysses du web.

Ne nous méprenons pas, certaines entreprises ont connu et connaissent encore le succès en étant parties de « pas grand chose ». Mais que représentent-elles : 5 % ? 10% grand maximum. Parmi elles, Free (fondée en 1999), Meetic, Rue du Commerce, PriceMinister ou encore Allociné (présent sur le web depuis 1997) pour ne citer que des succès français.

Quel rapport avec aujourd’hui me direz-vous ?

Les entrepreneurs d’aujourd’hui sont mieux informés et tirent les leçons du passé. Il est actuellement plus compliqué qu’avant de lever des centaines de millions d’euros. Les dernières levées de fonds en date affichent des montants vertigineux mais ils sont l’apanage de quelques exceptions qui cachent la forêt :

  • Slack : 120 millions de dollars pour cet éditeur d’un outil de travail collaboratif en mode SaaS
  • Solendro : 1 millions d’euros pour cet e-commerçant de sous-vêtements
  • La Belle Assiette : 1,3 million d’euros levés
  • ColisWeb qui lève 850 000 euros pour sa marketplace de coursiers
  • A/B Tasty : un Français qui lève 1,1 million d’euros !

La réalité des e-commerçants français est aujourd’hui davantage tournée vers une logique de développement à moindre coût : plus de 65% des 138 000 sites marchands actifs réalisent moins de 30 000 € de chiffre d’affaires par an.

Les raisons qui expliquent cette difficulté à passer un réel cap de croissance sont nombreuses, mais je retiendrai les suivantes :

  • une plateforme e-commerce « cheap » : commencer une activité avec un outil peu customisé/optimisé ne présage rien de bon. Comment tirer son épingle du jeu ?
  • des budgets de communication réduits au strict minimum : comment attirer des visiteurs à court terme si mon site n’est pas connu ?
  • avoir l’illusion que tout le monde va s’arracher ses produits ou services et que le bouche à oreille (excusez-moi j’aurais du dire “buzz”) fera l’affaire.

En terme d’exemple concret, faisons le parallèle avec un magasin physique, régi par trois règles d’or : l’emplacement, l’emplacement et encore l’emplacement. Vous aurez beau avoir le plus beau des showrooms, les produits les moins chers, le plus grand des parkings, si personne ne vous connaît, vous n’aurez personne en boutique ! Pour les sites web, c’est la même chose !

Et donc ?

Alors avant de vous lancer dans l’e-commerce, prenez le temps de :

  • bien choisir votre solution technique : toutes ne se valent pas (référencement naturel, gestion du catalogue, gestion du Responsive, modes de paiement…)
  • consacrer du temps au contenu : la sémantique est extrêmement importante afin d’employer des mots utilisés par les internautes
  • anticiper une stratégie de Netlinking : selon votre marché, il sera plus ou moins aisé d’obtenir des liens entrants de qualité

Et j’oubliais :

  • prévoyez un budget de génération de trafic au moins équivalent au budget de création de votre site web

Cette réalité est souvent oubliée par certains entrepreneurs qui veulent faire « vite – à pas cher » mais qui plusieurs mois/années plus tard s’en mordent les doigts : pas de budget → pas de communication → pas de trafic → pas de vente.

Le sujet vous interpelle et vous avez des projets en tête ? Parlons en de vive voix !

Sources :

Pourquoi, contrairement aux années 2000, les nouvelles start-ups digitales sont parties pour durer (Atlantico), Actualité : Levée de fonds (Journal du Net) et Chiffres clés 2014 (FEVAD)