Il y a un mois, nous vous annoncions la nomination de Caroline Pavy en tant que DGA aux côtés d’Olivier Ferlin, fondateur de Silicon Salad. Partage de responsabilités, complémentarité, road map, crise sanitaire, recrutement… Cette interview croisée est l’occasion pour nos deux dirigeants de partager leurs regards respectifs et conjoints sur le binôme qu’ils forment, et la vision qu’ils portent pour l’avenir de l’agence. Bonne lecture.

Olivier, pourquoi avoir souhaité partager la direction de Silicon Salad ?

Olivier : Ce qui m’a motivé à partager la direction de l’entreprise, c’est avant tout un besoin de renouvellement. En tant que dirigeant seul aux commandes, j’ai d’abord pris conscience d’un certain risque d’épuisement. Silicon Salad n’a plus le même modèle qu’il y a 5 ou 10 ans. L’époque start’up est révolue et nous sommes désormais en pleine phase de développement. Je souhaitais intégrer de nouvelles méthodes de travail, et pour cela l’entreprise avait besoin de personnes plus expérimentées.

Caroline : Quand je suis arrivée en tant que Directrice de l’Engagement, Olivier m’a assez rapidement confié éprouver le besoin de s’entourer davantage, évoquant notamment l’épuisement qu’il vient de mentionner. De mon côté, j’ai conscience que je n’aurais sans doute jamais su porter Silicon Salad au début de son histoire, mais je me sens à l’aise dans la suite de l’histoire.

Aujourd’hui, comment vous complétez-vous ?

Caroline : Nous sommes très différents. Olivier est très à l’aise avec tout ce qui concerne la communication tandis que de mon côté, j’en mesure l’importance, mais je ne suis pas la plus expérimentée. Si on considère que l’image et la communication sont le papier cadeau, mon rôle est plutôt de m’assurer que le cadeau lui-même est aussi beau que l’emballage. Je pense que nos parcours font nos différences et donc notre complémentarité. Olivier a l’expérience d’un entrepreneur qui a créé l’entreprise de toutes pièces et l’a portée en tenant le rôle de locomotive, de leader. Quant à moi, j’ai une expérience d’agilité, de lean avec des remises en question permanentes. Nos valeurs communes sont ce qui nous rassemble, mais à partir de ces valeurs nous agissons encore avec des méthodes différentes.

Olivier : Nous prenons nos marques et jusqu’à présent cela fonctionne très bien. Nos parcours sont en effet très complémentaires. Nos profils sont différents, quoique je confirme que nous nous rejoignons sur des valeurs et des convictions communes. Je crois effectivement que la valeur de l’effort et du travail est quelque chose de très fort en chacun de nous. Nous sommes tous les deux en quête de responsabilités, et avons tous les deux des tempéraments de battants. Il est très rare que nous laissions tomber une mission ou une bataille dans laquelle nous nous sommes engagés. L’engagement pour le client, l’engagement pour les collaborateurs, c’est d’ailleurs cela qui m’a donné confiance en Caroline au point de souhaiter lui confier ces responsabilités. Je veille vraiment à m’entourer de personnes dotées de ce qui constitue selon moi le “bon mindset” : des personnes pragmatiques, qui ont avant tout de l’énergie et une envie de faire. A mon sens, lorsque l’on possède ce type de tempérament, on peut tout réussir. On peut se tromper, puis recommencer. On peut ne pas savoir faire quelque chose et apprendre. Il est plus important d’avoir envie de réussir que de savoir faire.

Comment se porte Silicon Salad ?

Olivier : Silicon Salad va très bien. Nous affichons une croissance de plus 20% malgré la crise, et avec une meilleure rentabilité. A l’inverse des restaurateurs pour ne citer qu’eux, nous n’avons pas subi la crise. Notre organisation étant compatible avec le travail à distance et organisée pour, nous avons pu poursuivre 100 % de notre activité grâce à la généralisation du télétravail, mais en plus de cela le marché nous a porté. Tout cela donne de bons résultats, et je suis personnellement très confiant quant à notre capacité à progresser davantage.

Caroline : La croissance de cette année est en effet la plus importante qu’ait connu Silicon Salad. Dans nos métiers, nous avons eu la chance d’être portés par la crise dans la mesure où celle-ci a redistribué toutes les cartes et a été l’occasion pour les entreprises de se reposer la question du digital.

Comment avez-vous géré le retour au bureau ?

Caroline : Le retour au bureau a d’abord été en quelque sorte imposé dans le but de remettre les collaborateurs “en énergie”. Ce changement a été difficile pour certains mais je pense qu’il fallait passer par là. Par la suite, tout l’enjeu a été d’échanger tous ensemble pour que chacun puisse exprimer son point de vue et ses besoins. Plusieurs ateliers ont été organisés, et collectivement, nous avons réussi à définir un modèle très libre, basé essentiellement sur la responsabilisation de chacun. Ce qui est très intéressant, c’est que depuis la mise en place de ce nouveau système, bien plus de collaborateurs viennent finalement travailler au bureau. Les collaborateurs et les managers se sentent globalement allégés d’un poids.

Quelle est votre vision pour l’entreprise ?

Olivier : Silicon Salad est en train de se transformer. Je pense que c’est une très bonne chose car j’ai la conviction que les organisations qui ne se transforment pas finissent par mourir. Nous voulons faire évoluer le modèle de Silicon Salad d’une agence de passionnés vers une agence profondément experte. À l’époque des passionnés, c’était un peu le Far West du digital. Aujourd’hui, le digital a pris une telle ampleur qu’il est devenu le métier de tout le monde. Les passionnés sont quant à eux devenus un peu marginaux. Désormais pour se démarquer, il faut être expert. Le virage que nous sommes en train de prendre offre aussi un nouveau confort de travail à nos collaborateurs. Si je caricature, jadis une migration de site se passait forcément la nuit et dans la douleur tandis qu’aujourd’hui, quelqu’un appuie sur un bouton à 14h et tout fonctionne comme prévu.

Caroline : A mon sens, ce virage a déjà été largement entrepris. Aujourd’hui, il est très rare que nous recevions des tickets “urgents” sur les sites que nous gérons. Pour compléter, je dirais que nous souhaitons conquérir de nouveaux clients. Nous voulons diversifier nos sujets, accompagner des entreprises dans la déclinaison de leur stratégie digitale, et nous sommes aujourd’hui capables d’accompagner plus de clients. Silicon Salad souhaite devenir un partenaire durable et de qualité, en proximité avec ses clients, tout en préservant ses équipes grâce à un cadre de travail agréable. On souhaite travailler sur des projets innovants, challengeants et stimulants pour nos équipes, construire un modèle qui permette à chacun de s’épanouir sur le long terme et qui permette des engagement forts auprès de nos clients.

Quels sont vos principaux indicateurs de performance ?

Olivier : Nos principaux indicateurs de performance sont naturellement le chiffre d’affaires et les résultats mais également la stabilisation du turnover qui passe par la fidélisation des collaborateurs… A mon sens, ce qui a indéniablement évolué cette année chez Silicon Salad, c’est la satisfaction des collaborateurs et la qualité des services délivrés à nos clients.

Caroline : En effet, nous avons très à cœur de construire un modèle dans lequel les uns et les autres peuvent s’épanouir longtemps. Garder des personnes motivées pendant 6,7, 8 ans est compliqué. Il faut avoir les bonnes organisations et les bons leviers pour permettre à chacun de mener un parcours professionnel qui évolue. Pour moi, tout est très relié. L’épanouissement interne passe in fine par ce que l’on vend. Et c’est en vendant des projets passionnants que l’on a le plus de chances de passionner les collaborateurs. En parallèle de cette satisfaction des équipes, nous veillons bien entendu à mesurer la satisfaction de nos clients, laquelle passe par la qualité de tout ce que l’on délivre. Sur ce point, notre objectif tient en une phrase : des clients ravis et des équipes épanouies.

Quel regard portez-vous sur l’évolution des métiers dans le secteur du digital ?

Olivier : D’un métier de passionnés, le digital est devenu le métier d’une génération. Tandis qu’auparavant une même personne faisait “tout”, il existe désormais presque un métier par spécialisation. Pour un périmètre autrefois assuré par une personne, on embauche désormais 3 ou 4 spécialistes. Face à ces changements, il nous a fallu faire preuve de pas mal d’agilité pour adapter et structurer l’organisation.

Caroline : Il y a en effet de plus en plus de monde dans ces métiers, mais malheureusement de moins en moins de bons ! Notre challenge est donc d’identifier les meilleurs et de réussir à les embarquer avec nous. L’organisation autour du delivery des engagements pris commercialement est une des clés permettant cette cohésion.

Quels types de profils recherchez-vous pour renforcer vos équipes ?

Caroline : Nous recrutons un peu dans tous les métiers : marketing digital, UX Design, et Tech. Pour poursuivre le développement de Silicon Salad, nous cherchons des personnes qui ont envie de participer à un projet ambitieux. Nous proposons un cadre de travail plus que sympa et un management bienveillant, et recherchons donc des personnes prêtes à jouer le jeu de la responsabilisation et du collectif. Des personnes expertes dans leur domaine ou avec une volonté forte de le devenir, mais qui possèdent aussi de vraies qualités humaines.

Si vous deviez choisir 3 adjectifs pour décrire l’autre ?

Olivier : énergique, empathique et pragmatique.

Caroline : énergique également, hyperactif et (très) entier.

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